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Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 7 : Souvenirs terrestres, de Llewelyn Powys

J’ai découvert cet auteur grâce aux éditions Les Perséides. Bien sûr, je connaissais son frère, John Cowper Powys, philosophe et écrivain. Mais le nom même de Llewelyn m’était inconnu.

souvenirsterrestresPlus qu’un long discours, un extrait :

La vérité réside dans les fières processions de la matière qui sont révélées à nos sens incertains. Dans ce qui est vu, dans ce qui est entendu, dans ce qui est touché, goûté et senti, il n’y a pas de trahison. Seuls ces messagers sont fiables. Ici sont les fils d’or qui seuls peuvent nous mener sans traîtrise aux vrais états de la vision béatifique, éphémère et sublime, grâce à laquelle on arrive à percevoir par les sens le mouvement immortel qui anime la planète.

Je fus soudain tiré de mon extase. J’avais entendu un bruit : un bruit sensible et frais comme une pluie légère sur une feuille. La hase buvait.

Un texte magnifique, enchassé dans une édition magnifique faite par la prestigieuse maison Isolato,  et qui nous rappelle combien l’écoute de notre monde est centrale…

Calendrier de l’Avent de la Librairie, Jour 5 : L’Enfant arc-en-ciel, de Jonathan Carroll

Attention, mode sérieux [ON] : Le fantastique, c’est lorsque survient, au sein d’un monde, un élément qui ne lui appartient pas du tout, et qu’aucune explication valable et accepté dans ce monde ne parvient à résoudre. [OFF]

Les auteurs, scénaristes, réalisateurs, ont deux manières de faire avec cette définition brute (et franchement à l’emporte-pièce). La première, c’est le Sang, le Grand-Guignol, les Monstres. La Gesticulation (si j’ose l’appeler ainsi). Bien sûr, il y a, dans ce style-là, de magnifiques textes, des chefs-d’oeuvre même, des films ou des romans qui marquent et qui plaisent.

Mais il y a aussi un autre type de fantastique : celui du l’Incertain, du monde fuyant et flottant, du point aveugle de la rationalité.

couvJ’ai découvert sur le tard l’oeuvre de Jonathan Carroll (grâce à une interview publiée dans le dossier Fantasy du Yellow Submarine n°127, si vous voulez tout savoir 😉 ) Et  à coup sûr, ses textes appartiennent à cette deuxième façon, et d’une manière telle que je dois dire ne m’en être jamais remis.

Ce qu’il nous propose ici, avec ce roman, c’est une plongée dans le quotidien du deuil (un réalisateur horrifique vient de mourrir, un très proche ami est son exécuteur testamentaire), qui soudain vire au thriller métaphysique, destabilisant et fascinant. Ce qu’il nous propose, c’est un moment de pure terreur, car sa plume ne gesticule pas. Elle éclaire au plus profond de nous, là où on ne veut pas aller regarder…