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Le libraire et la radio : cette semaine, c’est Lisa Tuttle

En passant : cette semaine-ci, dans le cadre de l’émission « Il était une fois un livre », je parle du recueil de nouvelles de Lisa Tuttle « Ainsi naissent les fantômes ».

tuttleC’est toute la semaine (de ce lundi 9 octobre au vendredi 13 octobre), sur Fréquence 8 (dans les environs de notre Communauté de Commune, sur le 90.5), vers 8h30 et vers 17h.

Bonne écoute !… et bonne lecture !

K, comme … « Histoire de Lisey », de Stephen King

Je tiens vraiment énormément à ce livre de Stephen King. Il fait partie de ces romans dans lesquels l’auteur s’interroge sur la manière dont l’écriture arrive, se produit, est reçue. On trouve dans cette veine quelques chefs-d’oeuvre absolu, comme Misery.

Mais j’ai un lien très particulier avec cette Histoire de Lisey.

liseyLisey a été dans l’ombre de son mari pendant très longtemps. Lui était un très grand écrivain, qui commence à être étudié dans les universités. Et pour tous, elle n’était que la personne, là, à côté de lui. Rien de plus.

J’écris « était » car il est mort il y a maintenant quelques années. Lisey se refusait à trier le bureau dans lequel il écrivait, mais devant l’insistance de la sphère universitaire, elle se décide enfin à mettre un peu d’ordre.

C’est, pour elle, une véritable plongée dans ses souvenirs…

Mais c’est aussi exactement le moment où des soucis familiaux vont advenir. Sans compter ce fan absolu de l’oeuvre de son mari, quelque peu inquiétant (voire TRÈS inquiétant…), qui pointe le bout de son nez.

Elle qui s’était un peu retirée de la vie, la voila qui va devoir y revenir de pleins pieds.

Ce roman, il m’est arrivé dans les mains un peu par hasard. J’étais, dans mon jeune temps (comme on dit), un grand lecteur de Stephen King, mais peu à peu, j’avais déserté ses pages, attiré par d’autres plumes, d’autres thèmes, d’autres univers. Ce jour là, où je commençais cette Histoire de Lisey, j’avais juste l’idée de relire un King, juste comme ça, comme pour voir. Et celui-ci avait obtenu le Bram Stoker Award en 2006, alors…

Alors, je l’ai lu.

Et c’est avec ce roman que j’ai retrouvé la vitalité presque magique de son écriture. Lire ce livre a été un vrai choc, pour moi, un choc libérateur, vivifiant.

Aussi, oui, il a quelques défauts, quelques points-aveugles (de l’ordre du manque, pas de l’ordre de l’ombre…) Mais c’est un roman incroyable. Sur l’écriture, tout d’abord, mais surtout sur l’amour. Sur tous ces petits riens qui font une vie à deux.

Aussi, et très simplement, c’est un livre À LIRE, assurément !

J, comme … « Hopital Souterrain » d’Hervé Jaouen

Tout d’abord, trois mots : voila plus de deux semaines que je n’ai rien posté ici… Je pourrais vous dire que j’ai une excellente raison, tout ça, mais… ce n’est pas le cas ! J’ai juste été avalé par la quotidienneté de mon travail… Je me retrouvais, chaque soir, à me dire : « Mince, je n’ai toujours pas fait ma notule !… » Donc, aujourd’hui, je m’attache à mon fauteuil, et je m’y mets ! 😉

Donc, la lettre J… Et une double référence : l’auteur (Hervé Jaouen) et le lieu (Jersey). Le titre du roman ? « Hôpital souterrain ».

Hôpital SouterrainNous sommes donc à Jersey. Une petite fille vient de disparaître lors de la visite de l’Hôpital souterrain réalisés par les alliés durant la Deuxième Guerre Mondiale. Est-ce un simple incident ? Un enlèvement ? Plus que cela ? Des questions se posent, surtout devant la relation entre le père et la mère de la petite fille, qui montre nombre d’étrangetés… Et quel rapport cette disparition a-t-elle avec l’Histoire, celle de la Guerre bien sûr, mais aussi avec celle de Jersey elle-même, cette terre de sorcières de laquelle partirent nombre d’immigrants vers les États Unis, et spécialement vers Salem

Ce roman est, pour moi, l’un des plus aboutis et des plus étranges d’Hervé Jaouen. Là où on pouvait s’attendre à un roman policier assez classique, on tient en main une véritable plongée dans la psychologie des personnages, jusque dans leurs pensées les moins avouées. L’atmosphère, aussi, se fait des plus troublantes, et flirte très souvent avec le meilleur fantastique…

C’est une vraiment très belle lecture, que ce livre ! Et je vous le conseille sans avoir besoin d’aucune autre forme d’arguments, qu’un simple « LISEZ LE » !…

H, comme … « Le Secret de Crickley Hall » de James Herbert

Il fait beau (même si ce n’est pas encore les chaleurs estivales), et les jours rallongent… À la librairie, la porte est grande ouverte, quelques caisses de livres squattent le trottoir, et les vitrines parlent de jardinages et de lecture-plaisir…

C’est le temps idéal pour se poser dehors, tranquillement, avec un bon livre, par exemple lors de la pause déjeuner, ou le soir avant, ou après, le repas.

Et j’ai un excellent livre pour ça :

milady0515-2011James Herbert est un grand auteur de best-sellers horrifiques. Il a réalisé par exemple la trilogie des Rats (ceux qui l’ont lu savent de quoi je parle…)

Ici, avec « Le Secret de Crickley Hall », on a affaire à un thriller fantastique d’une efficacité redoutable. Vous ne sortirez pas de se livre en criant au génie, mais par contre, il se peut que certaines pages vous fassent crier d’effroi !

Une famille, ayant subi un deuil intime particulièrement éprouvant, s’installe dans une maison abandonnée depuis longtemps, afin de dépasser cette terrible épreuve grâce à un nouveau départ. Mais la maison est-elle si abandonnée que cela…

La base est classique, une machinerie est bien huilée, mais l’écriture est efficace et directe, comme le très bon page-turner à l’américaine qu’il est.

Vous passerez un très bon moment, avec cet avant-goût de vos lectures de l’été. Et c’est parfois tout ce que l’on demande à un livre, non ?

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 16 : Ainsi naissent les fantômes, de Lisa Tuttle

L’histoire de ce recueil de nouvelles porte en elle la raison suffisante pour que vous courriez lire ce livre !

fantomesIl existe en France l’une des plus grandes écrivaines de fantastique du moment. Hélas trop peu prolixe à mon goût, Mélanie Fazi est à la tête de quelques romans, mais aussi de pas mal de nouvelles (car le fantastique, celui que j’aime, celui qu’elle pratique, est un art du court…)

Une jeune maison d’édition, Dystopia, lui a un jour demandé de choisir et traduire des nouvelles (Mélanie Fazi est par ailleurs traductrice) d’un ou une auteur(e) qu’elle aime. Le résultat, c’est « Ainsi naissent les fantômes« , de Lisa Tuttle !

dystopia3-2011Ce recueil a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2012, et c’est tout à fait normal : il vous propose le haut du pavé d’une grande auteure de fantastique, choisi par une des personnes de référence dans le milieu fantastique actuel !

Quand je vous disais qu’il ne fallait pas passer à côté !

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 10 : La Mort peut danser, de Jean-Marc Ligny

Encore un roman fantastique (vous verrez, c’est une de mes obsessions…)

denoel-pdfa35Nous sommes en Irlande, en 1181. La chrétienté a décidé de faire table rase des anciennes croyances et d’imposer, par la force, le Sauveur et sa cohorte écclésiastique. Sur la partie supérieure des pierres levées est sculptée une croix, les Esprits des anciens temps sont remplacés par les Saints, et les tenants des dieux païens sont chassées. Les prophétesses sont même brûlées comme sorcières…

Nous sommes en Irlande, en 1981. Un groupe de folk, composé d’un homme et d’une femme à la voix magnifique, donne des concerts au retentissement de plus en plus important. Leur nom ? La Mort peut danser.

Et si tout était lié ?…

Basé sur l’histoire du groupe Dead Can Dance, mêlé aux légendes celtiques et à l’histoire de la chrétienté en Europe, ce roman renouvelle magnifiquement l’un des thèmes les plus rabaché de la littérature fantastique, en lui donnant une fraîcheur et une intelligence folle !

Calendrier de l’Avent de la Librairie, Jour 5 : L’Enfant arc-en-ciel, de Jonathan Carroll

Attention, mode sérieux [ON] : Le fantastique, c’est lorsque survient, au sein d’un monde, un élément qui ne lui appartient pas du tout, et qu’aucune explication valable et accepté dans ce monde ne parvient à résoudre. [OFF]

Les auteurs, scénaristes, réalisateurs, ont deux manières de faire avec cette définition brute (et franchement à l’emporte-pièce). La première, c’est le Sang, le Grand-Guignol, les Monstres. La Gesticulation (si j’ose l’appeler ainsi). Bien sûr, il y a, dans ce style-là, de magnifiques textes, des chefs-d’oeuvre même, des films ou des romans qui marquent et qui plaisent.

Mais il y a aussi un autre type de fantastique : celui du l’Incertain, du monde fuyant et flottant, du point aveugle de la rationalité.

couvJ’ai découvert sur le tard l’oeuvre de Jonathan Carroll (grâce à une interview publiée dans le dossier Fantasy du Yellow Submarine n°127, si vous voulez tout savoir 😉 ) Et  à coup sûr, ses textes appartiennent à cette deuxième façon, et d’une manière telle que je dois dire ne m’en être jamais remis.

Ce qu’il nous propose ici, avec ce roman, c’est une plongée dans le quotidien du deuil (un réalisateur horrifique vient de mourrir, un très proche ami est son exécuteur testamentaire), qui soudain vire au thriller métaphysique, destabilisant et fascinant. Ce qu’il nous propose, c’est un moment de pure terreur, car sa plume ne gesticule pas. Elle éclaire au plus profond de nous, là où on ne veut pas aller regarder…