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K, comme … « Histoire de Lisey », de Stephen King

Je tiens vraiment énormément à ce livre de Stephen King. Il fait partie de ces romans dans lesquels l’auteur s’interroge sur la manière dont l’écriture arrive, se produit, est reçue. On trouve dans cette veine quelques chefs-d’oeuvre absolu, comme Misery.

Mais j’ai un lien très particulier avec cette Histoire de Lisey.

liseyLisey a été dans l’ombre de son mari pendant très longtemps. Lui était un très grand écrivain, qui commence à être étudié dans les universités. Et pour tous, elle n’était que la personne, là, à côté de lui. Rien de plus.

J’écris « était » car il est mort il y a maintenant quelques années. Lisey se refusait à trier le bureau dans lequel il écrivait, mais devant l’insistance de la sphère universitaire, elle se décide enfin à mettre un peu d’ordre.

C’est, pour elle, une véritable plongée dans ses souvenirs…

Mais c’est aussi exactement le moment où des soucis familiaux vont advenir. Sans compter ce fan absolu de l’oeuvre de son mari, quelque peu inquiétant (voire TRÈS inquiétant…), qui pointe le bout de son nez.

Elle qui s’était un peu retirée de la vie, la voila qui va devoir y revenir de pleins pieds.

Ce roman, il m’est arrivé dans les mains un peu par hasard. J’étais, dans mon jeune temps (comme on dit), un grand lecteur de Stephen King, mais peu à peu, j’avais déserté ses pages, attiré par d’autres plumes, d’autres thèmes, d’autres univers. Ce jour là, où je commençais cette Histoire de Lisey, j’avais juste l’idée de relire un King, juste comme ça, comme pour voir. Et celui-ci avait obtenu le Bram Stoker Award en 2006, alors…

Alors, je l’ai lu.

Et c’est avec ce roman que j’ai retrouvé la vitalité presque magique de son écriture. Lire ce livre a été un vrai choc, pour moi, un choc libérateur, vivifiant.

Aussi, oui, il a quelques défauts, quelques points-aveugles (de l’ordre du manque, pas de l’ordre de l’ombre…) Mais c’est un roman incroyable. Sur l’écriture, tout d’abord, mais surtout sur l’amour. Sur tous ces petits riens qui font une vie à deux.

Aussi, et très simplement, c’est un livre À LIRE, assurément !

H, comme … « Le Secret de Crickley Hall » de James Herbert

Il fait beau (même si ce n’est pas encore les chaleurs estivales), et les jours rallongent… À la librairie, la porte est grande ouverte, quelques caisses de livres squattent le trottoir, et les vitrines parlent de jardinages et de lecture-plaisir…

C’est le temps idéal pour se poser dehors, tranquillement, avec un bon livre, par exemple lors de la pause déjeuner, ou le soir avant, ou après, le repas.

Et j’ai un excellent livre pour ça :

milady0515-2011James Herbert est un grand auteur de best-sellers horrifiques. Il a réalisé par exemple la trilogie des Rats (ceux qui l’ont lu savent de quoi je parle…)

Ici, avec « Le Secret de Crickley Hall », on a affaire à un thriller fantastique d’une efficacité redoutable. Vous ne sortirez pas de se livre en criant au génie, mais par contre, il se peut que certaines pages vous fassent crier d’effroi !

Une famille, ayant subi un deuil intime particulièrement éprouvant, s’installe dans une maison abandonnée depuis longtemps, afin de dépasser cette terrible épreuve grâce à un nouveau départ. Mais la maison est-elle si abandonnée que cela…

La base est classique, une machinerie est bien huilée, mais l’écriture est efficace et directe, comme le très bon page-turner à l’américaine qu’il est.

Vous passerez un très bon moment, avec cet avant-goût de vos lectures de l’été. Et c’est parfois tout ce que l’on demande à un livre, non ?

G, comme … « Grounded » de Mark Sable et Paul Azaceta

C’est aussi pour ça que j’aime mon métier : à tout moment, quelqu’un peut pousser la porte pour me proposer des livres… On discute alors un peu, j’achète un lot, parmi lequel un ouvrage qui me fait de l’oeil.

Je l’emporte à la maison pour le lire…

groundedC’est exactement ce qui s’est passé avec Grounded, de Mark Sable et Paul Azaceta, une BD américaine, traduite en français chez Angle Comics.

Ce fut une très agréable lecture.

Jonathan, un jeune garçon, est persuadé qu’il deviendra un super-héros, comme tous ces personnages qu’il lit dans les comics achetés régulièrement. Il a beau se coudre, comme il peut, un costume, ou se coller des ailes dans le dos et sauter du toit (si si !…), ça ne marche pas…

Par contre, lorsqu’il découvre que ses propres parents sont des super-héros, pire, que le monde entier est peuplé de super-héros, qu’est-ce qu’il lui reste à faire ?…

Vraiment, je vous conseille cette BD, qui nous permet de passer un très agréable moment.

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 23 : Scream Test, de Grégoire Hervier

Voici Le Prix du danger, de Robert Sheckley, dans une version plus âpre et plus moderne…

screamtestÀ Los Angeles, voici une télé-réalité d’un nouveau genre. The Last One est une émission diffusée uniquement sur le net. Ses sept participants ont été recrutés à la sortie de castings qu’ils avaient ratés, par des inconnus. Les caméras ont été acheté sous de faux noms. Les comptes et autres sociétés furent créés avec écrans de fumée et prête noms. Les adresses IP de diffusions sont mouvantes et impossible à remonter.

Pourquoi tant de précautions ?

Parce que tous les jours, il y a un candidat éliminé, soit. Mais éliminé pour de vrai : il est abattu en direct.

La connexion au site est payante, les votes sont payants, et les organisateurs se remplissent les poches, surfant sur le goût du morbide et l’impression d’impunité des votants et ds voyeurs.

La course est lancée, pour sauver ceux qui peuvent encore l’être. Mais l’enquête est difficile, et le FBI et le LAPD se tirent dans les pattes pour être ceux qui démantèleront l’organisation derrière le site.

Un roman explosif et dérangeant, parce qu’on sait bien qu’un tel site aurait un succès phénoménal…

Calendrier de l’Avent de la Librairie, Jour 22 : Notre Corps, nous-mêmes

Parce que plus que jamais, hélas, il y a encore besoin de parler du droit des femmes à disposer d’elles-mêmes.

Parce que plus que jamais, hélas, des politiques, avec des vues électoralistes, veulent peu à peu grignoter ces droits, partout dans le monde. Même en Europe. Même en France.

notrecorpsCe livre, publié en France en 1977, n’a rien d’un manifeste. Je veux dire, dans ses pages, vous ne trouverez aucun discours politique ni aucune méthode pour fabriquer des banderoles.

Par contre, ce qu’il contient, c’est une libération par le savoir.

À partir de 1969, à Boston, un collectif de femmes se réunit pour échanger sur elles et sur leur vie. Un constat alarmant se fait alors jour, celui de leur ignorance vis à vis de ce qui se joue dans leur propre corps, lié souvent à des expériences plutôt négatives avec les médecins de l’époque.

Ce groupe de Boston décide alors d’effectuer elles-mêmes les recherches nécessaires, et de diffuser l’ensemble des réponses à tous ceux, et surtout toutes celles, qui le désirent. Simples polycopiés dans un premier temps, qui se passe de main en main, l’ouvrage grossit et se voit bientôt édité.

La traduction française suit un peu la même philosophie : c’est un groupe de femmes qui va mettre la main sur une copie de l’ouvrage, et qui va se mettre, collectivement, à le traduire et à l’adapter. Puis à le diffuser sous forme de polycopiés. Et, en 1977, c’est Albin Michel qui le publie pour la France.

Juste une anecdote personnelle, maintenant. Ce titre m’a fait me souvenir d’un T-shirt aperçu sur internet il y a quelques années maintenant. Il était destiné aux pères, et disait plus ou moins ceci :

RULES TO DATE MY DAUGHTER

Rule 1 : You don’t make the rules.

Rule 2 : I don’t make the rules.

Rule 3 : Her body, her rules.

À bon entendeur…

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 18 : La terre des morts est lointaine (Sylvia Plath), de Sylvie Doizelet

J’ai découvert la poésie de Sylvia Plath sur le tard, presque par erreur. Indirectement, en tout cas.

J’écoutais la chanson de Peter Gabriel « Mercy Street », composé en l’honneur de la poétesse américaine Anne Sexton. Et je me disais que je n’avais pas lu de livre complet d’elle. Quelques poèmes par-ci par-là, jamais rien de manière plus longue.

Après quelques recherches, je trouvais sa bio-bibliographie, et une ligne retint mon attention : « Anne Sexton a fréquenté l’atelier de poésie de Robert Lowell, au même moment qu’une autre grande poétesse, Sylvia Plath. »

Je connaissais juste son nom, pour l’avoir croisé aux détours de quelques lectures. Mais je n’avais rien lu d’elle. J’avais en rayon « Arbres d’hiver » publié dans la collection Poésie/Gallimard. Je l’empruntais donc, juste le temps de le lire.

Il n’est jamais retourné en rayon. Il est resté dans ma bibliothèque personnelle…

sylviaplathC’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai dévoré ce volume-ci, qui lui est consacré. Fidèle à l’idée de la collection, il s’agit moins d’une biographie que d’une oeuvre qui touche à la vie de Sylvia Plath.

Et c’est avec beaucoup de tact, beaucoup de respect, que Sylvie Doizelet entre dans sa poésie et dans sa vie. Une magnifique lecture !

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 16 : Ainsi naissent les fantômes, de Lisa Tuttle

L’histoire de ce recueil de nouvelles porte en elle la raison suffisante pour que vous courriez lire ce livre !

fantomesIl existe en France l’une des plus grandes écrivaines de fantastique du moment. Hélas trop peu prolixe à mon goût, Mélanie Fazi est à la tête de quelques romans, mais aussi de pas mal de nouvelles (car le fantastique, celui que j’aime, celui qu’elle pratique, est un art du court…)

Une jeune maison d’édition, Dystopia, lui a un jour demandé de choisir et traduire des nouvelles (Mélanie Fazi est par ailleurs traductrice) d’un ou une auteur(e) qu’elle aime. Le résultat, c’est « Ainsi naissent les fantômes« , de Lisa Tuttle !

dystopia3-2011Ce recueil a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2012, et c’est tout à fait normal : il vous propose le haut du pavé d’une grande auteure de fantastique, choisi par une des personnes de référence dans le milieu fantastique actuel !

Quand je vous disais qu’il ne fallait pas passer à côté !

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 15 : Des Loups dans les murs, de Neil Gaiman et Dave McKean

Ma première rencontre avec l’oeuvre de Neil Gaiman a été un comic-book qui a réellement marqué ma vie de lecteur.

J’étais, plus jeune, un lecteur assidu de Strange, Titans et autres publications Lug… Puis, les années passant, je me détournais un peu de ces mensuels qui avaient bercé mes jeunes années.

Arrivant à la fac, sur Lille, j’appris l’existence d’une librairie de comics en langue anglaise. Dangereuses Visions. La référence à Harlan Ellison acheva de me convaincre : j’y allais directement en sortant de cours.

Et là, je pris un fascicule au hasard, parce que le titre m’attirait : « Death, The High Cost Of Living ». Ce fut la première lecture que je fis d’une oeuvre de Neil Gaiman. Et quelle rencontre ! La série était en 3 fascicules, et paraissait tous les mois… Mais je ne pouvais pas attendre un mois ! Je me rabattais donc sur d’autres comics, du même scénariste : la série Sandman, dont certaines couvertures étaient de Dave McKean

loupsmursLe sort en était jeté.

Désormais, je guette avec toujours le même grand plaisir les oeuvres de l’un et de l’autre, voire des deux réunis. Et quand ces auteurs nous offre des contes pour enfants, ils les font forcément différents et fascinants !

Laissez-vous vous aussi envouter par ce travail graphique magique et ces scénarii précis et fantastiques…

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 14 : Ça ne se refuse pas, de Fredric Brown

Fredric Brown, c’est un écrivain de la surprise. Perpétuelle, la surprise. Correcteur pendant sa première partie de vie pour les magazines américains (les pulp), aussi bien ceux spécialisés dans le polar que dans la SF, il décide, au bout de quelques années, de se lancer dans l’écriture.

Il va donner quelques chefs-d’oeuvre, dans le monde de la SF (Martiens go home !, en est un, par exemple). comme dans celui du polar.

Et ce roman en est un…

fredricbrownL’intrigue ? Un tueur en série vient de commencer ses méfaits en ville. Par ailleurs, un représentant en alcool, joueur invétéré, doit des sommes faramineuses à ses créanciers. Très logiquement lui vient alors une idée… Sa femme correspond à peu de chose près au profil des victimes du tueur, et une grosse assurance vie est sur sa tête. Il ne lui reste plus qu’à trouver le tueur avant les flics, et tout faire pour lui indiquer le chemin de sa maison, où sa femme est seule, et tous ses problèmes seront résolus !

Lire un roman policier comme celui-là, vraiment, est-ce que ça se refuse ?…

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 13 : Quatrains et autres poèmes brefs, d’Emily Dickinson

La poésie fait partie de mes lectures au long cours. J’ai toujours au moins un volume de poèmes sur la table de nuit. Et certains sont des habitués, il reviennent tous les ans, ou à certaines occasions de ma vie…

quatrains-et-autres-poemes-brefs-uneLes poèmes d’Emily Dickinson sont de ceux-là.

Je les ai découverts dans une anthologie présentant les poètes américains. Trois poètes, particulièrement, étaient mis en avant, comme les vrais premiers poètes authentiquement du Nouveau Monde (car, disait le préfacier dont j’ai oublié le nom, les autres étaient plutôt des Anglais sur le sol américain…).

Le premier était Edgar Allan Poe (que je préfère en conteur, même si certains poèmes sont de grandes oeuvres). Le deuxième, et l’un de mes poètes de référence : Walt Whitman.

Et le troisième nom cité était Emily Dickinson.

Depuis ce jour-là, les poèmes de cette recluse me fascinent et s’amusent parfois à refaire surface lors d’événements divers de ma vie (ce qui est plutôt agréable, quand on y réfléchit bien…)

Et ce volume-ci propose certains des textes les plus courts de la poétesse, dans une magnifique traduction de Claire Malroux (qui, et ce n’est pas un hasard, est également la traductrice de l’un des recueils que j’ai le plus lu ces derdières années : Chair et sang, de C.K. Williams)

Mais je m’égare… Autant vous laisser avec Emily Dickinson :

Ne sachant quand viendra l’Aube,

J’ouvre toutes les Portes,

Ou : a-t-elle des Plumes, comme l’Oiseau,

Des Vagues, comme un Rivage –