Calendrier de l’Avent de la Librairie, Jour 22 : Notre Corps, nous-mêmes

Parce que plus que jamais, hélas, il y a encore besoin de parler du droit des femmes à disposer d’elles-mêmes.

Parce que plus que jamais, hélas, des politiques, avec des vues électoralistes, veulent peu à peu grignoter ces droits, partout dans le monde. Même en Europe. Même en France.

notrecorpsCe livre, publié en France en 1977, n’a rien d’un manifeste. Je veux dire, dans ses pages, vous ne trouverez aucun discours politique ni aucune méthode pour fabriquer des banderoles.

Par contre, ce qu’il contient, c’est une libération par le savoir.

À partir de 1969, à Boston, un collectif de femmes se réunit pour échanger sur elles et sur leur vie. Un constat alarmant se fait alors jour, celui de leur ignorance vis à vis de ce qui se joue dans leur propre corps, lié souvent à des expériences plutôt négatives avec les médecins de l’époque.

Ce groupe de Boston décide alors d’effectuer elles-mêmes les recherches nécessaires, et de diffuser l’ensemble des réponses à tous ceux, et surtout toutes celles, qui le désirent. Simples polycopiés dans un premier temps, qui se passe de main en main, l’ouvrage grossit et se voit bientôt édité.

La traduction française suit un peu la même philosophie : c’est un groupe de femmes qui va mettre la main sur une copie de l’ouvrage, et qui va se mettre, collectivement, à le traduire et à l’adapter. Puis à le diffuser sous forme de polycopiés. Et, en 1977, c’est Albin Michel qui le publie pour la France.

Juste une anecdote personnelle, maintenant. Ce titre m’a fait me souvenir d’un T-shirt aperçu sur internet il y a quelques années maintenant. Il était destiné aux pères, et disait plus ou moins ceci :

RULES TO DATE MY DAUGHTER

Rule 1 : You don’t make the rules.

Rule 2 : I don’t make the rules.

Rule 3 : Her body, her rules.

À bon entendeur…

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 21 : Marmouset et les animaux du jardin

Marmouset fait vraiment partie de mon imaginaire enfantin. Ce petit garçon, à l’immuable salopette orange ornée d’une grosse pomme, a bercé mon enfance de lecteur. Et à chaque fois qu’un volume de ses aventures arrive dans la librairie, c’est toujours pour moi un retour en amnésie.

marmousetLe graphisme si particulier (et très seventies, cela va de soi) de Dina-Kathelyn Tourneur ancre le personnage dans une époque bien précise de ma vie.

À ma connaissance, elle réalisa quatre séries d’albums pour son petit héros. Petite bibliographie :

Le corps de Marmouset (8 volumes)

  • L’oreille de Marmouset
  • La bouche de Marmouset
  • Les cheveux de Marmouset
  • La main de Marmouset
  • Le pied de Marmouset
  • Le nez de Marmouset
  • Le nombril de Marmouset
  • L’oeil de Marmouset

Les grandes actions de Marmouset (9 volumes)

  • Marmouset plante une graine
  • Marmouset soigne une tourterelle
  • Marmouset part en exploration
  • Marmouset dessine sa maman
  • Marmouset monte au grenier
  • Marmouset chipe une pomme
  • Marmouset a perdu son chien
  • Marmouset entre à l’école
  • Marmouset compte de un à dix

Marmouset et la vie (3 volumes)

  • Vive la mariée !
  • Bonjour petite Sylvie
  • Au revoir oncle François

Marmouset et les autres (5 volumes)

  • Marmouset et Makumba
  • Marmouset et Citronnelle
  • Marmouset, Cerise et Cerisette
  • Marmouset et Valentin
  • Marmouset et Nicolas

Il faut noter aussi que Casterman a publié des albums dans la série « Je lis, je découvre, je joue » avec Marmouset comme héros. Nous en connaissons quatre :

  • Le Chevalier des abeilles
  • Le troisième agneau
  • Les chatons de Moune
  • La Surprise de la poule grise

Et enfin, Carta Mundi avait consacré des jeux de 7 familles à Marmouset. Là aussi, nous en connaissons quatre :

  • Marmouset et les animaux du jardin
  • Marmouset et les plantes du jardin
  • Marmouset découvre les métiers
  • Marmouset visite les pays

C’est tout un univers qui a bercé mon enfance, Et la vôtre ?

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 20 : Les Flammes de la nuit, de Michel Pagel

Attention : Chef-d’oeuvre !

flammesDans le royaume de Fuinör, la princesse Rowena vient de naître. Bon, oui, la reine est morte en couche, mais cela arrive, c’est même presque de l’ordre de la tradition…

Ordre. Tradition. Deux mots qui définissent bien ce royaume encroûté dans les coutumes.

Mais quand la septième fée se penche sur le berceau de la nouveau née, elle offre à la jeune princesse ce qu’aucune femme du royaume n’avait eu la chance d’obtenir : l’intelligence.

Le royaume de Fuinör s’en trouvera changé à jamais.

Commençant comme un conte merveilleux, ou comme un livre classique de fantasy, ce long roman va peu à peu s’installer dans la réalité, jusqu’à adopter les codes du roman historique. La jeune princesse s’ouvre au monde, rendant peu à peu le royaume à  sa réalité, comme une magnifique métaphore de l’émancipation.

Une lecture diablement intelligente, et qui se dévore !

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 19 : Paroles Zen

« Faut être zen », « Ça va, je suis zen », « J’aimerais bien être un peu plus zen »… Ces expressions, passées dans le langage courant, donne peu le sens réel de la pensée Zen. Ils sont un vague équivalent à « être calme », « ne pas s’énerver »…

Pourtant, le bouddhisme, et notamment le bouddhisme Zen, ce n’est pas une méthode (à la mode) pour chasser de soi la colère et l’énervement. C’est une vision révolutionnaire du monde (comme l’explique souvent Fabrice Midal, notamment dans une émission récente sur France Inter, dans le « Grand Bien Vous Fasse »  d’Ali Rebeihi du 9 décembre 2016). Une manière simple qui vous amène regarder le monde en face. Maître Taisen Deshimaru (moine Zen japonais qui enseigna en France, et qui illustre ce volume-ci) disait d’ailleurs souvent : « Zazen, c’est aussi la souffrance. »

paroleszenC’est également ce que montre ce petit volume de koan (énigmes lapidaires) et autres courtes paroles des maîtres Zen. C’est une pensée vivifiante car déstabilisante. « Quel était votre visage avant la naissance de vos parents ? »

Un dernier conseil : « Si vous croisez le Bouddha, tuez le Bouddha !« 

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 18 : La terre des morts est lointaine (Sylvia Plath), de Sylvie Doizelet

J’ai découvert la poésie de Sylvia Plath sur le tard, presque par erreur. Indirectement, en tout cas.

J’écoutais la chanson de Peter Gabriel « Mercy Street », composé en l’honneur de la poétesse américaine Anne Sexton. Et je me disais que je n’avais pas lu de livre complet d’elle. Quelques poèmes par-ci par-là, jamais rien de manière plus longue.

Après quelques recherches, je trouvais sa bio-bibliographie, et une ligne retint mon attention : « Anne Sexton a fréquenté l’atelier de poésie de Robert Lowell, au même moment qu’une autre grande poétesse, Sylvia Plath. »

Je connaissais juste son nom, pour l’avoir croisé aux détours de quelques lectures. Mais je n’avais rien lu d’elle. J’avais en rayon « Arbres d’hiver » publié dans la collection Poésie/Gallimard. Je l’empruntais donc, juste le temps de le lire.

Il n’est jamais retourné en rayon. Il est resté dans ma bibliothèque personnelle…

sylviaplathC’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai dévoré ce volume-ci, qui lui est consacré. Fidèle à l’idée de la collection, il s’agit moins d’une biographie que d’une oeuvre qui touche à la vie de Sylvia Plath.

Et c’est avec beaucoup de tact, beaucoup de respect, que Sylvie Doizelet entre dans sa poésie et dans sa vie. Une magnifique lecture !

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 17 : Spoon et White tome 1, de Léturgie & Yann & Léturgie

Spoon & White, ou le pire duo de flic des États Unis…

spoonwhite1a_14112003Dans toutes les séries, dans tous les romans, dans tous les films, quand vous avez un duo de flics, ce sont toujours les meilleurs amis du monde, malgré leur différence. Prenez Starsky et Hutch. Ou Martin Riggs et Roger Murtaugh

Et bien, pas là !

Spoon, c’est un petit nerveux, fan du Clint Eastwood d’Inspecteur Harry, et plutôt chatouilleux de la gachette.

White, c’est un grand gars qui se croit le plus beau mec du monde, et qui pense que la loi, c’est pour les autres.

Ils sont coéquipiers, et ils se détestent…

Ah, oui, forcément, il y a une femme dans l’histoire, aux formes plantureuses : Courtney Balconi. Une journaliste vedette, dont tout le monde est amoureux, et qui exècre notre duo de choc.

Et pour achever de vous donner le ton, quelques mots de cette première enquête (intitulée sobrement « Requiem pour dingos« …) : Spoon, White et Courtney se retrouvent tous les trois dans un hotel, au soleil. Quand soudain, des preneurs d’otages font main basse sur l’établissement… qui est aussi occupé par une secte qui avait décidé d’un suicide collectif !

Vous aimez l’humour noir ? Alors c’est LA bande dessinée à lire !

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 16 : Ainsi naissent les fantômes, de Lisa Tuttle

L’histoire de ce recueil de nouvelles porte en elle la raison suffisante pour que vous courriez lire ce livre !

fantomesIl existe en France l’une des plus grandes écrivaines de fantastique du moment. Hélas trop peu prolixe à mon goût, Mélanie Fazi est à la tête de quelques romans, mais aussi de pas mal de nouvelles (car le fantastique, celui que j’aime, celui qu’elle pratique, est un art du court…)

Une jeune maison d’édition, Dystopia, lui a un jour demandé de choisir et traduire des nouvelles (Mélanie Fazi est par ailleurs traductrice) d’un ou une auteur(e) qu’elle aime. Le résultat, c’est « Ainsi naissent les fantômes« , de Lisa Tuttle !

dystopia3-2011Ce recueil a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2012, et c’est tout à fait normal : il vous propose le haut du pavé d’une grande auteure de fantastique, choisi par une des personnes de référence dans le milieu fantastique actuel !

Quand je vous disais qu’il ne fallait pas passer à côté !

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 15 : Des Loups dans les murs, de Neil Gaiman et Dave McKean

Ma première rencontre avec l’oeuvre de Neil Gaiman a été un comic-book qui a réellement marqué ma vie de lecteur.

J’étais, plus jeune, un lecteur assidu de Strange, Titans et autres publications Lug… Puis, les années passant, je me détournais un peu de ces mensuels qui avaient bercé mes jeunes années.

Arrivant à la fac, sur Lille, j’appris l’existence d’une librairie de comics en langue anglaise. Dangereuses Visions. La référence à Harlan Ellison acheva de me convaincre : j’y allais directement en sortant de cours.

Et là, je pris un fascicule au hasard, parce que le titre m’attirait : « Death, The High Cost Of Living ». Ce fut la première lecture que je fis d’une oeuvre de Neil Gaiman. Et quelle rencontre ! La série était en 3 fascicules, et paraissait tous les mois… Mais je ne pouvais pas attendre un mois ! Je me rabattais donc sur d’autres comics, du même scénariste : la série Sandman, dont certaines couvertures étaient de Dave McKean

loupsmursLe sort en était jeté.

Désormais, je guette avec toujours le même grand plaisir les oeuvres de l’un et de l’autre, voire des deux réunis. Et quand ces auteurs nous offre des contes pour enfants, ils les font forcément différents et fascinants !

Laissez-vous vous aussi envouter par ce travail graphique magique et ces scénarii précis et fantastiques…

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 14 : Ça ne se refuse pas, de Fredric Brown

Fredric Brown, c’est un écrivain de la surprise. Perpétuelle, la surprise. Correcteur pendant sa première partie de vie pour les magazines américains (les pulp), aussi bien ceux spécialisés dans le polar que dans la SF, il décide, au bout de quelques années, de se lancer dans l’écriture.

Il va donner quelques chefs-d’oeuvre, dans le monde de la SF (Martiens go home !, en est un, par exemple). comme dans celui du polar.

Et ce roman en est un…

fredricbrownL’intrigue ? Un tueur en série vient de commencer ses méfaits en ville. Par ailleurs, un représentant en alcool, joueur invétéré, doit des sommes faramineuses à ses créanciers. Très logiquement lui vient alors une idée… Sa femme correspond à peu de chose près au profil des victimes du tueur, et une grosse assurance vie est sur sa tête. Il ne lui reste plus qu’à trouver le tueur avant les flics, et tout faire pour lui indiquer le chemin de sa maison, où sa femme est seule, et tous ses problèmes seront résolus !

Lire un roman policier comme celui-là, vraiment, est-ce que ça se refuse ?…

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 13 : Quatrains et autres poèmes brefs, d’Emily Dickinson

La poésie fait partie de mes lectures au long cours. J’ai toujours au moins un volume de poèmes sur la table de nuit. Et certains sont des habitués, il reviennent tous les ans, ou à certaines occasions de ma vie…

quatrains-et-autres-poemes-brefs-uneLes poèmes d’Emily Dickinson sont de ceux-là.

Je les ai découverts dans une anthologie présentant les poètes américains. Trois poètes, particulièrement, étaient mis en avant, comme les vrais premiers poètes authentiquement du Nouveau Monde (car, disait le préfacier dont j’ai oublié le nom, les autres étaient plutôt des Anglais sur le sol américain…).

Le premier était Edgar Allan Poe (que je préfère en conteur, même si certains poèmes sont de grandes oeuvres). Le deuxième, et l’un de mes poètes de référence : Walt Whitman.

Et le troisième nom cité était Emily Dickinson.

Depuis ce jour-là, les poèmes de cette recluse me fascinent et s’amusent parfois à refaire surface lors d’événements divers de ma vie (ce qui est plutôt agréable, quand on y réfléchit bien…)

Et ce volume-ci propose certains des textes les plus courts de la poétesse, dans une magnifique traduction de Claire Malroux (qui, et ce n’est pas un hasard, est également la traductrice de l’un des recueils que j’ai le plus lu ces derdières années : Chair et sang, de C.K. Williams)

Mais je m’égare… Autant vous laisser avec Emily Dickinson :

Ne sachant quand viendra l’Aube,

J’ouvre toutes les Portes,

Ou : a-t-elle des Plumes, comme l’Oiseau,

Des Vagues, comme un Rivage –