La librairie, de A à Z…

Les vacances, ça sert à ça…

Je me suis reposé (bien sûr), j’ai lu (mais ça, je ne peux pas m’en empêcher…), et j’ai pensé à vous…

Et notamment à cette idée-ci : Un peu sur le principe du calendrier de l’Avent, en fin d’année dernière, pourquoi ne pas publier régulièrement des petites notules sur les livres de la librairie ?

Mais sur quel principe ?

Facile : il y a 26 lettres dans l’alphabet, il y a 52 semaines dans l’année (soit 2 x 26)…

Bon, je commence dès la rentrée à égrainer l’alphabet, à raison de une notule par semaine. Première notule (avec la lettre A) ce jeudi.

😉

Lili, Aggie, Bibi et les autres… Un petit tour de la collection « Jeunesse Joyeuse » !

Joli arrivage à la librairie d’une cinquantaine d’ « albums de la jeunesse joyeuse » !

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Parmi les titres en rayon, les quatre séries principales :

  • Aggie :

BD00221MAggie, c’est la jeune fille moderne par excellence. Une sorte de Cendrillon (orpheline de mère, père remarié, souffre-douleur dans sa famille), la modernité en plus, avec un sens aigu de la vie et une ribambelle d’amis.

  • Bibi Fricotin :

BD00196MBibi Fricotin est un garçon amusant et facétieux. Aidé de son fidèle ami, Razibus, il vit des aventures endiablées de redresseur de tord !

  • Lili :

BD00181MLili ( de son vrai nom Élisabeth Alice Amélie Élise Marie-Line d’Orbois) (on comprends qu’elle préfère le diminutif Lili…) a connu de nombreuses aventures et avatars. Elle est surtout connue pour être cette adolescente débrouillard des années 50 (mais ses aventures dans les premiers Fillette faisaient d’elle une jeune fille, puis une jeune mariée, etc.)

  • Les Pieds Nickelés :

BD00166MLes trois Pieds Nickelés, respectivement dénommés Croquignol, Filochard et Ribouldingue, sont roublards et impertinents. Ce sont trois crapules, champions de la débrouille, diablement et joyeusement contestataires, qui ne manquent jamais une occasion pour se moquer des nantis et des imbéciles, d’eux-mêmes et de nous !

« Vica défie l’Oncle Sam », ou la propagande nazie en bande dessinée…

Vica est un dessinateur au trait coloré et enjoué. Chacun de nous a au moins une fois vu l’une de ses réalisations : la célèbre publicité « Yabon » pour Banania.

Né a Kiev, de son vrai nom Vincent Krassousky (d’où le « V.K. » qui devient « Vica »), il est le fils d’un officier de l’armée du Tsar, disparu en Bulgarie. Sa mère et sa soeur sont tués par les révolutionnaires bolcheviques, et lui, s’enrôle à l’âge de 16 ans (en 1918) dans l’Armée Blanche de Wrangel, où il participe, pendant 2 années, à la guerre civile russe.

20170208_103901Arrivée en France en 1929, il est remarqué très tôt pour ses talents de dessinateur. Dès 1930, il réalise diverses publicités. Les éditions Gordinne (un éditeur belge) lui ouvre les portes pour produire les aventures d’un marin, très vaguement (vraiment très vaguement…) inspiré de Popeye… Ce marin sera nommé … Vica (sic !…)

Après l’Armistice de 1940, Vica reste à Paris. Il publie dans des illustrés pour la jeunesse autorisés par l’Occupant : le (relativement) sage Gavroche, mais aussi Le Téméraire, bien plus engagé… Dans cette lignée, il fait paraître en 1942, aux éditions Dompol, deux albums archétypaux de la propagande pro-nazie : « Vica au paradis de l’U.R.S.S. » et « Vica  contre les services secrets anglais ».

20170208_103930Mais c’est à la Société des Éditions Coloniales et Métropolitaines, toujours en 1942, qu’il fournit le plus rare de ces trois albums de propagande : « Vica défie l’Oncle Sam ». Profondément anti-américain et antisémite, l’album propose les aventures de son héros aux États Unis pendant la guerre, à grand renfort de caricatures et de photographies truquées.

Son trait est paradoxalement agréable et tout en rondeur, avec des couleurs vives et attrayantes, faisant assez penser à Calvo, qui lui-même officiait au même moment dans l’autre camp (et qui donnera en 1944 le fameux et magnifique « La Bête est morte »…).

20170208_103946Certaines sources affirment que deux officiers allemands furent adjoints à Vica pour la réalisation de ces trois albums de propagande : l’un pour la correction des textes, l’autre pour la réalisation des photo truquées.

20170208_103959À la fin de la guerre, Vica sera jugé, et condamné, pour ces activités de propagandiste, à un an de prison ferme, à une amende de 1000 francs, et à l’indignité nationale. À sa sortie de prison, il reprendra son activité de dessinateur sous le pseudonyme de Tim dans le magazine « Cadet Journal ». On perd sa trace en 1946.

Petite liste thématique : les communautés et la contre-culture dans les années 70

Ce matin, j’écoutais, comme très souvent, l’émission d’Augustin Trapenard, « Boomerang ». L’invité était Thomas Vinterberg, pour son nouveau film, « La Communauté ».

Synchronicité ? J’étais justement sur le point de publier ici la première liste thématique de la libraire, consacrée aux formes de la contre-culture dans les années 70, et notamment à l’important lot consacré aux communautés que je viens d’acheter…

Cette liste est consultable ici :

pdf-158-page-00001.jpgEt les ouvrages sont quant à eux consultables à la librairie, ou sur les différents sites sur lesquels nous sommes présents, comme Abebooks ou Livre-Rare-Book

Joyeuse Année 2017 !

Un petit message (en retard) pour souhaiter à toutes et à tous une excellente année 2017, pleine de bonne lecture, de jolies découvertes, et de joies du quotidien !

2017Je suis en retard, car je travaille en ce moment sur la première petite liste thématique de la librairie. En effet, il y a quelques jours, j’ai acheté un très joli lot de publications amateures et professionnelles sur les communautés dans les années 70, avec tous les à-côtés imaginables (écologie, féminisme…)

On y trouve :

  • Des numéros de « La Gueule Ouverte », du « Sauvage », de « Sorcières »
  • Des revues et magazines comme « Tripot », « DiCo (Dialogue Communautaire) », « Dissidence », « Liens Communautaires »
  • Des livres de Fournier, des « Catalogues des ressources », le « Findhorn Garden »...

Et tout cela m’a tellement passionné que je n’ai pas vu le temps passer ! Mais qu’on se le dise : une liste thématique sous peu !

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 24 : Un Hiver dans la vallée de Moumine, de Tove Jansson

Pour la dernière notule du calendrier de l’Avent de cette année, une pépite !

moumineMoumine, avec son papa et sa maman, sont des trolls. Ils vivent dans la vallée de Moumine. Et Moumine a de nombreux amis : le Renaclérican, Snif, la demoiselle Snork

En hiver, ils hibernent. Sauf que cet hiver-ci, Moumine s’est réveillé ! Et il n’arrive plus à se rendormir !

Le voila perdu dans cette grande maison, avec dehors, tout ce qu’il ne connaît pas : la neige, le froid, et ces êtres inconnus qui ne vivent ici qu’en hiver…

J’ai découvert la série des Moumines sur le tard, à cause d’un article (si je me souviens bien, de David Calvo) dans le Panorama de la fantasy publié aux Moutons électriques. Et depuis, j’attends une chose avec impatience : que ma fille soit un peu plus grande afin de pouvoir lui lire les aventures de Moumine le Troll !

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 23 : Scream Test, de Grégoire Hervier

Voici Le Prix du danger, de Robert Sheckley, dans une version plus âpre et plus moderne…

screamtestÀ Los Angeles, voici une télé-réalité d’un nouveau genre. The Last One est une émission diffusée uniquement sur le net. Ses sept participants ont été recrutés à la sortie de castings qu’ils avaient ratés, par des inconnus. Les caméras ont été acheté sous de faux noms. Les comptes et autres sociétés furent créés avec écrans de fumée et prête noms. Les adresses IP de diffusions sont mouvantes et impossible à remonter.

Pourquoi tant de précautions ?

Parce que tous les jours, il y a un candidat éliminé, soit. Mais éliminé pour de vrai : il est abattu en direct.

La connexion au site est payante, les votes sont payants, et les organisateurs se remplissent les poches, surfant sur le goût du morbide et l’impression d’impunité des votants et ds voyeurs.

La course est lancée, pour sauver ceux qui peuvent encore l’être. Mais l’enquête est difficile, et le FBI et le LAPD se tirent dans les pattes pour être ceux qui démantèleront l’organisation derrière le site.

Un roman explosif et dérangeant, parce qu’on sait bien qu’un tel site aurait un succès phénoménal…

Calendrier de l’Avent de la Librairie, Jour 22 : Notre Corps, nous-mêmes

Parce que plus que jamais, hélas, il y a encore besoin de parler du droit des femmes à disposer d’elles-mêmes.

Parce que plus que jamais, hélas, des politiques, avec des vues électoralistes, veulent peu à peu grignoter ces droits, partout dans le monde. Même en Europe. Même en France.

notrecorpsCe livre, publié en France en 1977, n’a rien d’un manifeste. Je veux dire, dans ses pages, vous ne trouverez aucun discours politique ni aucune méthode pour fabriquer des banderoles.

Par contre, ce qu’il contient, c’est une libération par le savoir.

À partir de 1969, à Boston, un collectif de femmes se réunit pour échanger sur elles et sur leur vie. Un constat alarmant se fait alors jour, celui de leur ignorance vis à vis de ce qui se joue dans leur propre corps, lié souvent à des expériences plutôt négatives avec les médecins de l’époque.

Ce groupe de Boston décide alors d’effectuer elles-mêmes les recherches nécessaires, et de diffuser l’ensemble des réponses à tous ceux, et surtout toutes celles, qui le désirent. Simples polycopiés dans un premier temps, qui se passe de main en main, l’ouvrage grossit et se voit bientôt édité.

La traduction française suit un peu la même philosophie : c’est un groupe de femmes qui va mettre la main sur une copie de l’ouvrage, et qui va se mettre, collectivement, à le traduire et à l’adapter. Puis à le diffuser sous forme de polycopiés. Et, en 1977, c’est Albin Michel qui le publie pour la France.

Juste une anecdote personnelle, maintenant. Ce titre m’a fait me souvenir d’un T-shirt aperçu sur internet il y a quelques années maintenant. Il était destiné aux pères, et disait plus ou moins ceci :

RULES TO DATE MY DAUGHTER

Rule 1 : You don’t make the rules.

Rule 2 : I don’t make the rules.

Rule 3 : Her body, her rules.

À bon entendeur…

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 21 : Marmouset et les animaux du jardin

Marmouset fait vraiment partie de mon imaginaire enfantin. Ce petit garçon, à l’immuable salopette orange ornée d’une grosse pomme, a bercé mon enfance de lecteur. Et à chaque fois qu’un volume de ses aventures arrive dans la librairie, c’est toujours pour moi un retour en amnésie.

marmousetLe graphisme si particulier (et très seventies, cela va de soi) de Dina-Kathelyn Tourneur ancre le personnage dans une époque bien précise de ma vie.

À ma connaissance, elle réalisa quatre séries d’albums pour son petit héros. Petite bibliographie :

Le corps de Marmouset (8 volumes)

  • L’oreille de Marmouset
  • La bouche de Marmouset
  • Les cheveux de Marmouset
  • La main de Marmouset
  • Le pied de Marmouset
  • Le nez de Marmouset
  • Le nombril de Marmouset
  • L’oeil de Marmouset

Les grandes actions de Marmouset (9 volumes)

  • Marmouset plante une graine
  • Marmouset soigne une tourterelle
  • Marmouset part en exploration
  • Marmouset dessine sa maman
  • Marmouset monte au grenier
  • Marmouset chipe une pomme
  • Marmouset a perdu son chien
  • Marmouset entre à l’école
  • Marmouset compte de un à dix

Marmouset et la vie (3 volumes)

  • Vive la mariée !
  • Bonjour petite Sylvie
  • Au revoir oncle François

Marmouset et les autres (5 volumes)

  • Marmouset et Makumba
  • Marmouset et Citronnelle
  • Marmouset, Cerise et Cerisette
  • Marmouset et Valentin
  • Marmouset et Nicolas

Il faut noter aussi que Casterman a publié des albums dans la série « Je lis, je découvre, je joue » avec Marmouset comme héros. Nous en connaissons quatre :

  • Le Chevalier des abeilles
  • Le troisième agneau
  • Les chatons de Moune
  • La Surprise de la poule grise

Et enfin, Carta Mundi avait consacré des jeux de 7 familles à Marmouset. Là aussi, nous en connaissons quatre :

  • Marmouset et les animaux du jardin
  • Marmouset et les plantes du jardin
  • Marmouset découvre les métiers
  • Marmouset visite les pays

C’est tout un univers qui a bercé mon enfance, Et la vôtre ?

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