I, comme … « Instinct sauvage », une BD de Fréhel et Alessandra

Voici une BD efficace.

instinctSauvageEntre polar hardboiled et graphic-novel moderne (et même, post-moderne), cet Instinct sauvage, comme on dit, envoie du lourd !

Grinçant, glaçant, teinté d’humour (noir), le scénario d’Hervé Fréhel est servi par le dessin merveilleusement hâché et nerveux de Joël Alessandra.

Le pitch (comme on dit dans les émissions à la mode) : au milieu, l’argent d’un des chefs de la mafia. Autour, pas mal de monde, trop, qui aimerait mettre la main dessus. Pas plus, pas moins (efficace, je vous dis).

Certains ont reproché à cette BD son aspect trop foisonnant, voire non maîtrisé. Je dirais, moi, qu’elle déborde d’idées et de postures. On accroche ou pas, mais ce que j’aime ici, c’est renouer avec le poing dans la tronche des grands hardboilers !

H, comme … « Le Secret de Crickley Hall » de James Herbert

Il fait beau (même si ce n’est pas encore les chaleurs estivales), et les jours rallongent… À la librairie, la porte est grande ouverte, quelques caisses de livres squattent le trottoir, et les vitrines parlent de jardinages et de lecture-plaisir…

C’est le temps idéal pour se poser dehors, tranquillement, avec un bon livre, par exemple lors de la pause déjeuner, ou le soir avant, ou après, le repas.

Et j’ai un excellent livre pour ça :

milady0515-2011James Herbert est un grand auteur de best-sellers horrifiques. Il a réalisé par exemple la trilogie des Rats (ceux qui l’ont lu savent de quoi je parle…)

Ici, avec « Le Secret de Crickley Hall », on a affaire à un thriller fantastique d’une efficacité redoutable. Vous ne sortirez pas de se livre en criant au génie, mais par contre, il se peut que certaines pages vous fassent crier d’effroi !

Une famille, ayant subi un deuil intime particulièrement éprouvant, s’installe dans une maison abandonnée depuis longtemps, afin de dépasser cette terrible épreuve grâce à un nouveau départ. Mais la maison est-elle si abandonnée que cela…

La base est classique, une machinerie est bien huilée, mais l’écriture est efficace et directe, comme le très bon page-turner à l’américaine qu’il est.

Vous passerez un très bon moment, avec cet avant-goût de vos lectures de l’été. Et c’est parfois tout ce que l’on demande à un livre, non ?

G, comme … « Grounded » de Mark Sable et Paul Azaceta

C’est aussi pour ça que j’aime mon métier : à tout moment, quelqu’un peut pousser la porte pour me proposer des livres… On discute alors un peu, j’achète un lot, parmi lequel un ouvrage qui me fait de l’oeil.

Je l’emporte à la maison pour le lire…

groundedC’est exactement ce qui s’est passé avec Grounded, de Mark Sable et Paul Azaceta, une BD américaine, traduite en français chez Angle Comics.

Ce fut une très agréable lecture.

Jonathan, un jeune garçon, est persuadé qu’il deviendra un super-héros, comme tous ces personnages qu’il lit dans les comics achetés régulièrement. Il a beau se coudre, comme il peut, un costume, ou se coller des ailes dans le dos et sauter du toit (si si !…), ça ne marche pas…

Par contre, lorsqu’il découvre que ses propres parents sont des super-héros, pire, que le monde entier est peuplé de super-héros, qu’est-ce qu’il lui reste à faire ?…

Vraiment, je vous conseille cette BD, qui nous permet de passer un très agréable moment.

F, comme … « Fleurs de pierre », de Sakaguchi Hisashi

Cette série est l’une des plus grandes frustrations de ma vie de lecteur… et je suis sur le point de vous la faire vivre !…

fleurdepierre01J’ai découvert ces mangas (publiés en France en grand format, avec le sens de lecture occidental) tout juste après avoir lu la magnifique biographie (qui est à mon avis un pur chef-d’oeuvre) que Sakaguchi Hisashi a consacré au moine zen Ikkyû. Cette vaste fresque historique et philosophique m’avait passionné, et je cherchais alors tout ce qui était disponible du même mangaka.

fleurdepierre02J’ai donc lu sa petite vision science-fictive « Version », mais surtout, j’ai découvert « Fleur de pierre ».

Là aussi, nous sommes en présence d’une fresque historique : nous sommes en Yougoslavie, à la fin des années 30. Un groupe de jeunes écoliers se rendent en excursion de découverte géologique. À la sortie de la grotte, dans laquelle ils ont pu admirer les fameuses Fleurs de Pierre, qui fournissent le titre à la série, il se rendent compte que la deuxième guerre mondiale vient d’éclater (dans une planche d’une grande intelligence de mise en scène, e d’une force incomparable, mais je vous laisse le plaisir de la découvrir…)

fleurdepierre03La brutalité de l’Histoire (avec sa « grande Hache » dirait Georges Perec) cueille les élèves dans leur insouciance, et l’on s’attache à la trajectoire de certains d’entre eux, dans le quotidien de leur implication.

Et c’est là qu’intervient, comme je vous disais tout à l’heure, la frustration : devant le succès intimiste de cette série (nous sommes à l’époque où les éditeurs généralistes de BD sentent que la manga va prendre une place importante, mais n’y connaissent encore pas grand chose… Vents d’Ouest s’attendait-il, avec cette série, à un succès à la Dragon Ball ?…), l’éditeur décide de ne pas faire traduire les derniers tomes ! Trois volumes sont disponibles en France, alors que la série japonaise en compte six !

Il nous reste deux possibilités : apprendre le japonais, ou faire pression sur un éditeur pour qu’il se décide à reprendre la série dans son intégralité !…

En attendant, et malgré ça, la lecture de ces trois tomes reste indispensable, à mon avis, pour voir l’impact de l’Histoire sur la vie quotidienne, et pour comprendre les événements plus récents autour de la Yougoslavie.