Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 8 : Des fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes

Je ne dirai qu’une chose : CHEF-D’OEUVRE

algernonCharlie Gordon et un simple d’esprit. Il a 33 ans, mais 6 d’âge mental. Il travaille dans un laboratoire, qui font des expériences sur l’intelligence, justement.

La dernière expérience en date porte sur une souris, nommée Algernon… Expérience couronnée de succès, puisqu’Algernon est devenue supérieurement intelligente.

Les scientifiques veulent tester leur découverte sur l’homme, et qui d’autre sinon Charlie pour en profiter ? Mais sait-on réellement là où cela va le mener ?

Livre mythique de Daniel Keyes, ce roman remporta le Prix Hugo, récompense ultime, en 1966. Il parle à cette part de nous, universelle, qu’on appelle l’Humanité.

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 7 : Souvenirs terrestres, de Llewelyn Powys

J’ai découvert cet auteur grâce aux éditions Les Perséides. Bien sûr, je connaissais son frère, John Cowper Powys, philosophe et écrivain. Mais le nom même de Llewelyn m’était inconnu.

souvenirsterrestresPlus qu’un long discours, un extrait :

La vérité réside dans les fières processions de la matière qui sont révélées à nos sens incertains. Dans ce qui est vu, dans ce qui est entendu, dans ce qui est touché, goûté et senti, il n’y a pas de trahison. Seuls ces messagers sont fiables. Ici sont les fils d’or qui seuls peuvent nous mener sans traîtrise aux vrais états de la vision béatifique, éphémère et sublime, grâce à laquelle on arrive à percevoir par les sens le mouvement immortel qui anime la planète.

Je fus soudain tiré de mon extase. J’avais entendu un bruit : un bruit sensible et frais comme une pluie légère sur une feuille. La hase buvait.

Un texte magnifique, enchassé dans une édition magnifique faite par la prestigieuse maison Isolato,  et qui nous rappelle combien l’écoute de notre monde est centrale…

Calendrier de l’Avent, Jour 6 : Le Bonheur, essai sur la Joie, de Robert Misrahi

La philosophie n’est pas ce qu’on dit d’elle, généralement : une discipline qui serait déconnectée du monde et de la vie.

Tout au contraire, son véritable but, c’est d’aider à vivre.

Et ce livre de Robert Mirsahi le montre une fois de plus.

Le BonheurGrand spécialiste de Spinoza, ami et élève de Sartre, Robert Misrahi a toujours placé au centre de sa réflexion la recherche des conditions même d’unevie heureuse, véritablement. Interrogeant ici les Éthiques (d’Aristote et de Spinoza, principalement), essaie d’articuler le désir avec la vie heureuse, l’existence et la joie.

Le texte est lumineux, reste simple sans jamais être simpliste, et ouvre des perspectives de vie à qui veut bien s’y arrêter quelques minutes…

Calendrier de l’Avent de la Librairie, Jour 5 : L’Enfant arc-en-ciel, de Jonathan Carroll

Attention, mode sérieux [ON] : Le fantastique, c’est lorsque survient, au sein d’un monde, un élément qui ne lui appartient pas du tout, et qu’aucune explication valable et accepté dans ce monde ne parvient à résoudre. [OFF]

Les auteurs, scénaristes, réalisateurs, ont deux manières de faire avec cette définition brute (et franchement à l’emporte-pièce). La première, c’est le Sang, le Grand-Guignol, les Monstres. La Gesticulation (si j’ose l’appeler ainsi). Bien sûr, il y a, dans ce style-là, de magnifiques textes, des chefs-d’oeuvre même, des films ou des romans qui marquent et qui plaisent.

Mais il y a aussi un autre type de fantastique : celui du l’Incertain, du monde fuyant et flottant, du point aveugle de la rationalité.

couvJ’ai découvert sur le tard l’oeuvre de Jonathan Carroll (grâce à une interview publiée dans le dossier Fantasy du Yellow Submarine n°127, si vous voulez tout savoir 😉 ) Et  à coup sûr, ses textes appartiennent à cette deuxième façon, et d’une manière telle que je dois dire ne m’en être jamais remis.

Ce qu’il nous propose ici, avec ce roman, c’est une plongée dans le quotidien du deuil (un réalisateur horrifique vient de mourrir, un très proche ami est son exécuteur testamentaire), qui soudain vire au thriller métaphysique, destabilisant et fascinant. Ce qu’il nous propose, c’est un moment de pure terreur, car sa plume ne gesticule pas. Elle éclaire au plus profond de nous, là où on ne veut pas aller regarder…

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 4 : Les Trois Chemins, de Lewis Trondheim et Sergio Garcia

Voila une bande dessinée pas comme les autres.

Dans la droite ligne de l’OuLiPo et de ses jeux textuels (vous savez, George Perec qui écrit tout un roman sans E ou Raymond Queneau qui met en place un livre pour produire cent mille milliards de poèmes…), quelques auteurs de BD, dont Lewis Trondheim, ont voulu adapter ces procédés à leur art. Et cet album-ci en est une grande réussite !

troischeminsAu début de l’album, trois chemins. Sur l’un, un milliardaire et son accolyte, sur le deuxième, une petite fille, et sur le dernier, un robot.

À vous de choisir qui vous voulez suivre !

pageEt tout au long de l’histoire, les chemins se croisent, les personnages interagissent, et vous, lecteur, vous devez vous décider : vous continuer à suivre le personnage que vous aviez choisi, ou vous accompagnez maintenant celui croisé ?

C’est drôle, sympathique, et incroyablement bien fait…

À découvrir et faire découvrir !

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 3 : La Bretagne, par Albert Robida

Ce livre de périgrination en Bretagne est le premier des cinq volumes qu’Albert Robida va consacrer à la « Vieille France » et ses provinces (suivront la Touraine, la Normandie, la Provence et Paris).

vieille-france-bretagneParcourant la région, Albert Robida va nous fournir une sorte de reportage, en texte et dessins, sur tout ce qui arrêta son attention : les pierres et l’humain. Maisons à colombage, calvaires, enclos paroissiaux, villes moyen-âgeuses aux ruelles étroites, voila ce qui arrête et fascine l’auteur. Mais toujours dans un rapport très étroit avec les habitants de ces lieux.

Son petit-fils, Michel Robida, commente d’ailleurs : « Je ne connais pas de lui une seule vision de campagne qui ne soit ramenée aux proportions humaines par la présence d’un hameau, d’une ferme, d’un moulin, à tout le moins d’une carriole bâchée de toile ; seule la forêt peut se passer pour lui de toute figuration. »

Quelques pages sont même consacrées à Montfort (dans lesquelles il raconte la légende de la cane et immortalise la Tour du Papegault).

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 2 : La Fin d’Illa, de José Moselli

José Moselli est resté très longtemps comme « l’écrivain sans livre ».

Cet auteur prolixe n’a publié, de son vivant, qu’au sein des publications populaires, principalement pour enfants, de la maison Offenstadt. Ayant commencé son travail d’écriture en 1909, avec le feuilleton d’aventure « W… Vert » (dans L’Intrépide), il produit, jusqu’à la fin des années 30, un grand nombre de textes, dans des domaines très divers (aventures maritimes, récits policiers, feuilletons historiques…)

La Fin d'IllaAvec la création, en 1919, de la revue « Sciences et Voyages », les Offenstadt demandent à leur auteur-phare des textes à caractère scientifique. Il s’en était approché, avec le feuilleton « Le Téléluz » (publié en 1919 dans L’Intrépide, encore). Il leur donne alors quelques courts feuilletons (« La Prison de glace », « La Corde d’acier », …)

La Fin d'Illa, dans Sciences et VoyagesMais c’est en 1925, dans le numéro 283 de la revue, que commence le feuilleton « La Fin d’Illa ». Chronique d’une civilisation menée à sa perte par un dictateur avide de pouvoir et de sang, ce texte ne manque jamais de marquer ses lecteurs et représente l’un des chefs-d’oeuvre de l’auteur.

couvLongtemps oublié, José Moselli (et son texte) a été remis sur le devant de la scène par Jacques Van Herp, notamment grâce à la réédition de cette dystopie apocalyptique dans les pages de la revue Fiction, en 1962.

Suivent des rééditions multiples de ce texte, ainsi que d’un certain nombre d’autres feuilletons. Ce roman trouve une place de choix, notamment, dans la très jolie collection « Le Passé du Futur » chez Gramma (pour plus d’information à son sujet, voyez cette page du Forum BDFI).

Calendrier de l’Avent de la librairie, Jour 1 : Alice racontée aux petits enfants, illustré par Chiarra Carrer

Chiarra Carrer est une illustratrice italienne qui possède un monde bien à elle. Sa série des lutins (des lettres, des chiffres, des couleurs…) avait donné le ton. Là voila maintenant qui se frotte à Lewis Carroll et à son Alice

CouvertureElle y utilise, comme à son habitude, la photo, les dessins, la gravure, et bien d’autres techique (son travail me fait furieusement penser à celui du grand Dave McKean).

Ça lui permet de créer, pour le monde psychotropique du Pays des Merveilles, une atmosphère fascinante, tellement en phase avec la vision de l’auteur.

Une page de l'albumSimplement à découvrir d’urgence…

Le site de Chiarra Carrer est ici : http://www.chiaracarrer.com/

 

Librairie d'occasion à Montfort sur Meu…